Die Schweiz und die EU - Für einander geschaffen


27 Décembre 2012 - écrit par sylvina neri - Lu 286 fois

Préambule: Pourquoi ce sursaut?


Le rassemblement de 600 paysans, le 2 février 1996 à Cully, demandant au Conseil fédéral une accélération du rapprochement Suisse-Europe
Le rassemblement de 600 paysans, le 2 février 1996 à Cully, demandant au Conseil fédéral une accélération du rapprochement Suisse-Europe
«Voici le pays que j’ai promis à Abraham, Isaac et Jacob: C’est à ta descendance que je le donne. Je te l’ai fait voir de tes propres yeux, Mais tu n’y passeras pas.»

Deuronome 34: 4
 
A quoi bon, maintenant, après dix ans de retraite de la direction de la Chambre vaudoise d’agriculture/Prométerre, rédiger un plaidoyer en faveur de l’adhésion de la Suisse à l’Union européenne (UE) et prétendre que cette option servirait en définitive le mieux les intérêts de l’agriculture suisse?
 
Deux mouches m’ont piqué. L’une bavarde, l’autre d’un mutisme étourdissant.
 
Une poignée de collègues et interlocuteurs, pour la plupart de Suisse aléma- nique et du Tessin, que je fréquentais dans les années 1980-1990, s’étonnent de ne plus trouver dans la défense professionnelle agricole de Suisse romande l’originalité qu’ils appréciaient. Ils ne partageaient pas nécessairement les opinions singulières émises en-deçà de la Sarine mais, pour se forger leur propre conviction, il leur était utile de connaître un autre point de vue que celui partout répandu et repris de l’Union suisse des paysans. Ils sont d’avis que là où nous nous singularisions par une ouverture sur les économies transfrontalières, de bonnes dispositions à l’égard de l’économie de marché, un goût pour la prospective et l’anticipation, dominent maintenant, même davantage qu’à l’échelon national, la défense des acquis, une vision à court terme, le repli sur soi, le protectionnisme. (1)

Le Tessinois Ulrico Feitknecht relève qu’
«au moment de la décision sur l’Espace économique européen (EEE) en 1992, on avait une Suisse romande très ouverte… Aujourd’hui, l’agriculture romande semble avoir perdu cet esprit combatif et créatif. C’est dommage!»
(2)
 
Dans une interview plus récente, Geneviève Gassmann, directrice de l’Institut agricole de l’Etat de Fribourg à Grangeneuve, déclare:
«Je suis parfois étonnée des positions qu’adopte la défense professionnelle agricole qui demeure essentiellement sur la défensive… elle ne consacre pas assez de moyens à préparer l’avenir… Il s’agit d’adapter les formations afin qu’elles permettent à nos jeunes de s’ouvrir sur le monde, de concevoir leur métier d’agriculteur dans une dimension nouvelle, d’acquérir des compétences transversales permettant à chacun de se projeter dans un avenir.»
(3)
 
Quant au professeur à l’EPFZ Bernard Lehmann, passé dans l’intervalle à la direction de l’Office fédéral de l’agriculture, il considère que
«les responsables agricoles font un excellent travail de défense des acquis, ce sont de bons lobbyistes disposant d’un réseau efficace… Mais ils manquent d’un leadership imaginatif, d’une cellule ou de personnes qui aient la flamme, qui aient la mission et les ressources pour construire une stratégie basée non sur les acquis d’hier, mais sur les opportunités de demain… Il lui semble que les paysans méritent que leurs organisations lèvent la tête du guidon.»
(4)
 
J’ai donc reçu de plusieurs côtés comme une première piqûre d’appel à rebondir.
 
Le 6 décembre 1992, 80% des Neuchâtelois, 78% des Vaudois et à peine moins dans les autres cantons romands, les Welches plébiscitaient l’adhé- sion de la Suisse à l’EEE. Trois ans plus tard, Prométerre réunissait 600 agriculteurs sur la Place d’armes à Cully pour sommer le Conseil fédéral d’accélérer le processus de convergence Suisse-Europe. Quinze ans après, les partisans de l’adhésion ne sont plus qu’une infime minorité et plus rares encore sont celles et ceux qui osent la soutenir publiquement autrement qu’en en renvoyant l’échéance aux calendes grecques.

S’agissant d’une entreprise aux objectifs aussi nobles et d’une mise en œuvre aussi colossale que la construction européenne, il est impossible que ce qui était jugé enthousiasmant il y a 15 ans soit jetable aujourd’hui. Les élus politiques restés partisans cachent leur drapeau étoilé de peur de perdre des voix aux prochaines élections. Eh bien, je ressens comme un devoir – moi qui n’ai rien à perdre – d’indiquer à mon petit-fils, né l’an un du présent siècle, et j’espère à quelques-uns de ses contemporains, les fondamentaux de l’intégration européenne, l’identité des valeurs suisses et européennes et les incongruités dans l’argumentation des adversaires. Ne pas rappeler le passé, c’est risquer de le voir se répéter. Suivre le courant, se résigner, ce serait de la lâcheté vis-à-vis des devanciers qui m’ont montré le chemin et ont forgé ma conviction.
 
«La tradition, disait Thomas More, cité par Josef Ackermann, ne consiste pas à conserver les cendres, mais à transmettre la flamme.»
 Et le directeur de la Deutsche Bank d’ajouter: «Aujourd’hui, nous sommes tenus de transmettre la flamme d’une Europe unie. Ce sont avant tout les jeunes, qui n’ont connu que la paix et la prospérité sur ce continent et pour qui l’idée fondatrice de l’Union européenne ne signifie plus grand-chose, qui doivent être amenés à prendre l’intégration européenne autant à cœur que la génération des fondateurs.» (5)
 
Peut-être le moment de susciter une relance est-il mal choisi pour recruter des adeptes car l’Europe ne se montre pas, présentement, sous son visage le plus séduisant? Qu’importe l’air du temps et les échéances immédiates! Comme la guerre est le pire des fléaux qui puisse ravager une société, ce qui assure la paix est la meilleure des causes. Il n’est donc pas de mauvaise conjoncture pour un bienfait perpétuel. S’il est une entreprise «too big to fail», c’est bien celle d’unir les Européens qui n’ont cessé de s’entretuer pendant des siècles.
 
Sème et laisse faire, dit l’Evangile dans la parabole de la semence automatique:
 
«C’est comme un homme qui aurait jeté du grain en terre. Peu importe qu’il veille ou qu’il dorme, Nuit et jour, le grain germe et croît.»

 
Marc 4: 26-29
 
«Chaque idée nouvelle est lente à prendre racine, mais, une fois lancée, elle continue à vivre et, si elle est bonne, elle s’infiltre silencieusement même dans les esprits les plus récalcitrants, elle se développe et s’impose jusqu’à ce qu’un jour elle soit acceptée comme évidente et normale.»

 
Johan Willem Beyen, homme d’Etat néerlandais




              



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